Mai, L'interview de Korsé, le graffeur du mois



Mai, L'interview de Korsé, le graffeur du mois
Rencontre avec Korsé, artiste rezéen multi-support qui commence à se faire un nom dans la scène street-art nantaise. Spécialiste des personnages avec un univers et un humour bien décalé, il est aussi actif sur les murs de la butte St Anne et du quai de la Loire que sur les toiles, les chaises et les frigos!



Peux tu te présenter en quelques mots ?
J'ai 23 ans et je suis dans le dessin depuis tout jeune. J'ai commencé par les Walt Disney et les mangas, j'ai ensuite fait des études de graphisme, ce qui m'a permis de rencontrer pleins d'artistes et d'attiser ma curiosité en découvrant leurs styles, leur manière de travailler et leur parcours. J'ai commencé à graffer avec Ador il y a quatre ans, et depuis deux ans j'expose un peu partout pour vendre mes toiles, et j'ai l'intention de m'y consacrer de plus en plus à l'avenir.



Comment as-tu trouvé ton style ?
C'est venu un peu par hasard, je dessinais énormément de personnages réalistes mais je voulais me diversifier et passer à autre chose. Un jour j'ai pris mon marqueur avec l'idée d'arriver à un résultat très rapidement, j'ai testé un grand nombre de formes et de silhouettes et c'est la fameuse tête d'obus qui a eu le plus de retour positif. J'ai continué à la développer, que ce soit les détails des yeux, la bouche et le nez, le personnage est né au fur et à mesure et certains les appellent encore les têtes d'obus.

Est-ce que tu travailles les lettrages ?
Ca m'arrive de temps en temps même si je me sens moins à l'aise. Mais ça reste toujours un vrai plaisir, j'en prépare justement un assez basique que je remplirai avec les esquisses de mes persos un peu atténués, ce n'est pas révolutionnaire mais ca me permet de toucher à d'autres techniques.

Tu as exposé dans de nombreux lieux à Nantes, comment se sont créée ces opportunités?
Ma première exposition s'est déroulée lors du festival Tissé Métisse il y a trois ans, l'objectif n'était pas de vendre des toiles mais plutôt de faire découvrir mon travail, j'ai eu beaucoup de bons retours et ça m'a permis de me faire quelques contacts. J'ai ensuite  exposé grâce à l'association ARPEJ (Association Rezéene Pour l'Enfance et la Jeunesse) qui accueille des jeunes de 14 à 18 ans. Elle voulait leur faire découvrir des disciplines artistiques. elle m'a donc contacté pour animer un atelier d'initiation au graff, c'était vraiment sympa même s'il faut beaucoup de patience avec les jeunes. Les rencontres font qu'ensuite tout va crescendo, j'ai pu exposé à la Barakason lors du "Retour du jeudi". J'y ai amené toutes les toiles que j'exposais à l'ARPEJ et elles se sont quasiment toutes vendues pendant la soirée ! Maintenant j'expose au  "marché du créateur" à la Barakason, c'est une super opportunité, l'exposition compte une trentaine d'artistes tout arts confondus (sculptures, vêtements, peintures). J'y ai rencontré l'équipe d'Art Devil, organisatrice du festival Jongl'Hop qui m'a sollicitée pour que je fasse une performance durant leur festival, j'ai pas vraiment l'habitude de peindre devant un public mais ce n'est qu'un challenge de plus !

Quelles sont tes principales influences ?
Il y a Dran, un graffeur de Toulouse qui a un style de dessin simple mais qui se démarque par ses idées, qu'elles soient trash ou ironiques. Il y a aussi Bom-K qui travaille aussi les personnages, il a une technique très impressionnante notamment le crachoti à la bombe (trait extrêmement fin lorsque le caps est presque bouché), et enfin Brusk qui sort des Beaux-Arts, il a autant de talent pour les personnages que pour les lettrages.

Ton support préféré ?
Un grand mur bien placé au soleil ! en revanche je ne suis pas contre un frigo! (rires)  En fait je suis pas mal attiré par tout ce qui est objet du quotidien que ce soit de grandes armoires ou des poubelles. J'avais commencé par peindre des chaises avec Ador pour l'exposition "Les Belles Chaises", et c'est un support que je vais continuer à travailler.

Tu préfères l'improvisation ou tu prépares un sketch de départ ?
Je fais toujours pas mal d'esquisses avant, mais je ne suis pas contre un freestyle, pour le Jongl'Hop par exemple je ne prépare rien. Le freestyle permet vraiment de cerner la créativité d'un graffeur, de montrer de quoi il est capable et jusqu'où il peut aller.

Le mot de la fin ?
Ya rien a voir !
www.yarienavoir.book.fr


propos receuillis par Oldjam
Photo Rubben