Les bons plans vinyles
Rencontre avec le dealer de bonnes galettes vinyles du quartier Bouffay, Seb de A.K.A. records.
Comme j'étais punk à l'époque, je vendais mes disques de punk et de hardcore, et puis rapidement je me suis mis à fond dans tout ce qui était hip hop et techno, ça a été une fièvre de 4/5 ans pendant laquelle on faisait beaucoup de soirées... c'était la grande époque !Après j'ai perdu le premier magasin, j'ai eu une période "into the wild", et un jour un pote qui avait une boite m'a donné une vieille collection de disques, et c'était reparti !
Comment se présentait le marché quand tu as repris en 2000 ? Je ne faisais plus que de l'occasion. Je me suis rapidement rendu compte qu'il y avait plein de dj's, alors que j'avais connu une époque où il étaient pas nombreux. Le son hip hop, électro commençait à se démocratiser, et je me suis rendu compte que tous les disques que j'avais vendus dans ma première boutique étaient recherchés, je me suis donc mis exclusivement à vendre de l'occasion. As-tu des références ? Par exemple, le premier maxi du Wu-Tang "protect ya neck" en 93, à l'époque tous les rappeurs trouvaient ça pourri, alors que deux ans après tout le monde avait le t-shirt. Et comment as-tu atterri à Nantes? J'ai d'abord fait un passage à Marseille, où je n'ai pas eu de boutiques, mais je bossais sur des conventions de disques ici et là. Et ensuite j'ai eu l'opportunité de partir de Marseille, parce que je ne m'y plaisais pas vraiment, et je me suis retrouvé à Nantes. Là j'ai tout de suite trouvé un nouveau local rue St Léonard et j'ai tenu la boutique A.K.A records pendant 5 ans, jusqu'à la consécration cette année ou je suis installé sous les halles du Bouffay, un endroit avec beaucoup de passage et une bonne visibilité en plein centre de Nantes. Quelle est ta spécialité en tant que disquaire? Personnellement je suis plus calé en Punk, Hardcore, techno et hip hop, donc ça se ressent aussi dans ce que je vends, après la musique c'est un voyage, donc mes goûts musicaux ont aussi évolué et aujourd’hui j'écoute des artistes comme Pierre Henri qui sont à la base des musiques électroniques dans les années 60. Pour les influences hip hop, je me tourne aussi plus facilement vers le jazz et le funk des origines. Et puis mon métier de disquaire consiste aussi à faire rêver les gens et pour faire rêver un maximum de personnes, j'ai du m'ouvrir à tous les styles musicaux, que ce soit du classique, de la chanson française, du rock... Et comme je ne vends que de l'occasion, je fais aussi en fonction de l'offre et de la demande, par exemple je suis arrivé à Nantes avec 8 disques de pop / rock 70's, et aujourd'hui ça représente peut-être la moitié de mon stock.J'ai aussi la philosophie d'acheter des disques seulement quand je fais une affaire. Quel est le premier disque que tu as acheté? Supertramp, Breakfast in America 1979 Quel est le premier disque que tu as vendu? Un disque de Cactus "Ten years after" Un bon plan en disque hip hop en ce moment dans tes bacs? J'ai rentré deux bacs de hip hop récemment donc il y a du choix, par exemple l'album de Cypress Hill "Unreleased & revamped" Ton disque favori? Le prochain qui me fera tripper, et qui fera tripper un de mes clients? Un artiste favori? Eric Satie, un compositeur de la fin du 19éme / début 20ème. A force de remonter le temps, j'ai découvert des artistes comme Lee Perry, Clinton, Coltrane, Sun-Ra, Pierre Henri, et au bout j'ai l'impression qu'il y a Satie. Le mot de la fin? J'ai envie de parler du disque vinyle, parce que j'ai l'impression que c'est la première fois dans l'histoire de l'industrie et du commerce qu'on a enlevé un produit il y a une bonne vingtaine d'année en le décriant, et qu'on est en train de le réintégrer en grandes pompes, parce que je vois des gens de tous les milieux qui se remettent à acheter des disques vinyles. < Le shop A.K.A. Records > Place Bouffay 44000 Nantes Tous les après-midis du mardi au samedi. |
|





