L'interview de Moossa



L'interview de Moossa
Le microphone en main depuis le début des années 90, Moossa est devenu la référence en matière de hip hop soul à Nantes. Véritable maître de cérémonie, il sait mettre son public dans l'ambiance avec ses sélections imparables et son habileté au microphone ! Avec ces qualités, il est naturellement devenu un habitué des soirées Soul Clap, retour sur le parcours de cet artiste underground bourré de talents.



Ville de résidence : Nantes
Age : on m'appelle Highlander
Artiste préféré : Jaylib
Film préféré : Mo'better blues, a spike lee joint !
Plat préféré : Aloko banane (plat typique ivoirien)
Shoes préférées : en ce moment les Vans rétro, avec lacets.
Endroit où trainer : j'aime bien me perdre dans Paris.
 



Raconte nous ton parcours dans la musique.
J'ai commencé par le break à l'époque de Sydney, je vivais à Bordeaux et en arrivant à Nantes en 1984, j'ai continué avec mon frère. On dansait à la gare et dans notre quartier à Malakoff. Après, je me suis mis à danser le jazz-rock pendant trois ou quatre ans, c'est une danse debout qui existait avant le break et ça me correspondait bien. C'est après que j'ai découvert le milieu rasta et les sons reggae et que j'ai rencontré Abubakar (aujourd'hui aux commandes du sound system Zion Gate Hi-Fi et de la boutique Oneness Records à Nantes). Il m'a fait découvrir le Rubadub et c'est là que j'ai commencé à chanter, toaster et aussi à chercher du son et acheter des vinyls. On a monté le sound system "Akabu Lan" et on a fait beaucoup de sounds pendant cinq ans avec Abubakar, mon frère Dready, ma soeur Adja, Big S et Elimane. Au bout d'un moment j'ai voulu m'émanciper, alors j'ai quitté le sound system et j'ai commencé à renouer avec le son hip hop.
 
Qu'est ce qui t'as vraiment fait revenir au hip hop?
D'abord le concert de The Roots au pub Satori pendant les Trans Musicales de Rennes en 96 ! Je pensais qu'ils jouaient du reggae, et ils sont arrivés avec un hip hop qui défonce, ça m'a fait un vrai choc ! C'est à ce moment que je suis retourné à fond vers le hip hop. Je me suis d'abord intéressé à la scène de Philadelphie et j'ai découvert la nu-soul. C'était une révélation ! Autre chose qui m'a vraiment fait évoluer, c'est quand j'ai découvert Jay Dee avec le premier album de Slum Village. Je me suis rendu compte de ce que je kiffais vraiment dans le son hip hop, en fait j'adorais ses prods avant de le connaître, avec A Tribe Called Quest, Pharcyde, De La Soul. Pour moi les instrus de Jay Dee ont vraiment quelque chose en plus, la façon dont il bossait ses samples, ses battements, ses mixs, ses breaks.
 
Qu'est ce que tu as fais quand tu as appris son décès?
Je n'ai rien fait de spécial, mais je me suis dit que je ferais une mixtape avec exclusivement des sons de Jay Dee. Et puis il n'est pas mort pour moi parce que je joue toujours ses disques.
 
Tu as toute sa discographie?
J'en ai une grosse partie. Sur Nantes, je dois avoir la plus grosse collection de Jay Dee, et s'il y a un autre dj qui en a plus, il faut que je le rencontre.
 
Comment es-tu passé au Djing?
J'achetais des vinyls depuis longtemps, et comme personne ne jouait nos sons à l'époque, j'ai commencé à faire des soirées aux platines, notamment avec les "Soul âge menthe" à la Route du Rhum (Nantes),
 
Parle nous du groupe Shabbaz.
Le groupe Shabbaz est né en 98 avec ma soeur, puis Massaï nous a rejoint au mic en 2001. On a fait pas mal de concerts dans la région, des apparitions live avec Dajla, Tribeqa, Smooth, de rares apparitions sur disque (compilation "Rez de Chaussée", featuring sur l'album de Smooth). Il n'y a pas d'activité du groupe depuis quelques temps.
 
Qu'est ce que tu veux jouer comme son à la prochaine Soul Clap?
J'aimerais faire tourner un maximum d'instrus sans que ce soit trop lent ou trop calme, juste musical.
 
Une anecdote sur le "Gang Sonore"?
Ahahaaaah ! Vers la fin des années 90 il y avait très peu de soirées hip hop, funk ou reggae à Nantes, et avec une bande d'activistes nantais (B.loo, Cocotier, Djul Mandinka, Babar et plein d'autres) on avait investit différents lieux pour faire des soirées underground ! La dernière a eu lieu en 2000, et c'est vraiment à refaire!
 
Le mot de la fin?
Salaam aleikum.