L'interview de John Banzaï

A la fois poète, écrivain, chanteur et parolier, John Banzaï s'est déjà fait remarquer aux côtés d'artistes comme les Nubians, Souleymane Diamanka ou Dela. Pour la prochaine Soul Clap, il sera accompagné du beat-maker nantais Davido pour présenter son nouveau projet Lover Dose.



L'interview de John Banzaï
ville de résidence : Paris
âge : 30 (à quelques brouettes près)
artiste préféré : Q-Tip
plat préféré : Sushi

Peux-tu te présenter en quelques mots?
Moi c'est John Banzaï, déambulateur verbal, kamikaze de l'amour. J'essaie de transmettre des inspirations d'amour, de sensualité et du feeling à mes auditeurs.

Qu'est ce qui t'as attiré dans le hip hop, et plus particulièrement dans l'écriture?  
J'ai commencé à écrire de la poésie il y a une vingtaine d'années, lorsque j'ai découvert le rap au début des années 90. Je me suis rendu compte que c'était le média musical qui permettait de placer le plus de mots, d'idées et de messages, j'ai donc décidé de transposer mes textes de poésie sur le beat. A cette époque j'ai rencontré DJ Wamba qui a été ma première source d'inspiration, il touchait à toutes les disciplines : rap, break, graff, djing. Pour moi c'était la représentation du hip hop. Quand je l'ai rencontré je lui ai demandé de me passer le relais et de m'enseigner les fondements de la discipline vocale, et quand j'ai commencé à écrire et à rapper il a lâché le micro pour se caler derrière le sampler, il m'a fait des compos pendant pas mal d'années.

Tu as participé à la création de Radikal (premier magazine hip hop de France). Quel était ton rôle au sein de la rédaction?
C'était en 96, si je me souviens bien. J'étais rédacteur en chef à un moment, puis chef de la rubrique « rap français ». C'était le premier magazine sur la culture hip hop en France, orienté principalement sur le rap français justement.

En 1998 tu as fait tes premières scènes aux côtés de DJ wamba, les shows étaient-ils purement rap ou déjà influencés par la soul et le slam?
Franchement je crois que dès que j'ai commencé à rapper c'était décalé, je ne me retrouvais pas trop dans ce qui se faisait, même si j'aimais beaucoup de choses. Je me basais vraiment sur l'écriture, avec des instrus minimalistes pour mettre le texte en avant, loin des carcans de ce que je pouvais écouter à l'époque, ça avait un côté hip hop - spoken word.

Comment as-tu été amené à collaborer avec les Nubians (tournée One step forward)?
On s'est rencontré en 99,  j'avais sorti la mixtape Blink en compagnie de B-Nut butter Fly et Dj Wamba qui avait fait pas mal de buzz (on distribuait la tape aux magazines avec une torche et une bouteille de  vodka). Elles ont bien accroché sur mon écriture, on a sympathisé et elles m'ont ensuite parlé d'un projet qui n'en était encore qu'à ses prémices : la création du collectif franco-américain Echos qu'elles m'ont invité à rejoindre. Par la suite on a continuer de collaborer, j'ai écris sur le dernier album des Nubians One step forward (sur les morceaux Amour à mort et Temperature rising ) et aussi sur le prochain album prévu 2010. C'est ma famille musicale, ce sont aussi les premières artistes reconnues à avoir cru en moi et à m'avoir poussé sur scène à leur côtés. Je dirais que c'est un peu mes marraines. Sinon j'ai aussi collaboré avec Puzzle que je considère comme le meilleur groupe de rap français.   

Cette expérience t'a visiblement donné goût à la scène puisque l'année suivante tu montes un spectacle en compagnie de Souleymane Diamanka qui était loin du concert de rap traditionnel, tu peux nous expliquer le concept?
Ce sont Les Nubians qui m'ont présenté Souleymane Diamanka, on a bien accroché sur nos lyrics respectifs et on a eu l'idée de crée un spectacle mélangeant hip hop et slam. C'était avant la vague Grand Corps malade, le slam n'était pas encore reconnu. D'ailleurs je n'aime pas utilisé le terme slam, je préfere poésie urbaine ou spoken word, c'est un terme peu utilisé qui signifie compétition de poésie aux USA mais pas forcément en France. Quand on a monté le spectacle le meilleur amis des mots, on a voulu donner une bipolarité aux verbes et à la musique en mélangeant rap et slam. Ce sont deux univers qui s'affrontent et qui se donnent une poignée de main à la fin, avec toute une histoire et la participation d'une danseuse géniale Bénédicte qui fait de l'expression corporelle (appelation que m'avait inspiré sa danse), et bien sûr Dj Wamba qui balançait le son. Le spectacle était l'occasion de montrer les affiliations entre les deux disciplines. Pour moi le slam est un peu le cousin, voir le grand père du rap. Si tu remontes aux Last Poets, c'était du spoken word sur des percus et des instrus relativement simples pour laisser la place aux verbes.

Après de nombreuses collaborations tu te consacres aujourd'hui à un premier album solo Lover Dose avec un artiste nantais à la production. Tu peux nous en dire un peu plus?
Le producteur s'appelle Davido, c'est un petit génie, jeune, frais, dynamique et un peu taré. C'est lui qui est venu me trouver pour une collaboration sur un morceau, j'ai vraiment kiffé le son, on a rapidement bossé dans son studio à Nantes et le projet d'album est né comme ça. Au fur et a mesure que ça se dessinais j'ai choisi l'amour comme thématique, pour l'analyser sous différents angles : les fantasmes, les petites histoires ou encore pour glisser des clins d'oeil à mes connaissances. On s'est bien amusé a faire cet album, on a une super pochette confectionnée par Lazoo du M.A.C. crew (http://www.myspace.com/lazoo1/ ), et pour moi la boucle est bouclée... Je me rappelle de Rapline et de la bande dessiné de Lazoo, je tripais dessus et aujourd'hui le gars fait la cover de mon album.

Une date de sortie?
On bosse sur le mastering, avant 2010 vous pourrez trouvez ça sur le net.

Est ce que tu nous a préparé quelque chose de particulier pour la Soul Clap?
Pas encore... à part la tenue de scène de Davido .. (rires) ! On va essayé de représenter l'album au mieux, partager des bonnes vibes et puis un petit extra avec Dj B.loo. On va se faire plaisir à nous et au public.

Le mot de la fin?
Veuillez veiller sur vos rêves (titre du morceau de Dela sur lequel John Banzaï apparait aux côtés des Nubians). Big Up a Dela pour son travail fantastique !

http://www.myspace.com/johnbanzai










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