L'interview de Deheb

DJ aux influences funk et beat-maker redoutable, DEHEB est un de ces artistes encore méconnu en France qui commence déjà à se faire un nom outre-atlantique. A l'occasion de sa présence à la prochaine soirée Soul Clap, il nous parle de son approche de la musique et de ses projets à venir.



L'interview de Deheb
Salut, peux-tu te présenter en quelques mots ?
Salut, moi c’est DJ Deheb de Rennes, je suis originaire de Saint Malo, DJ hip hop / funk depuis 97 et beat-maker depuis 2000.

Qu’est-ce qui t'a amené à te consacrer au beat-making ?
C’est surtout le matos qui m’a amené à faire du beat-making. En gros je kiffe le son depuis que j’ai 10 piges, voir même plus jeune. J’ai commencé par les platines et dès que j’ai eu accès à mon premier sampler, ma MPC 2000, j’ai vraiment pu m’y mettre et c’était parti !

On retrouve dans ton travail un vrai grain new-yorkais, quelles sont tes principales sources d’influences ?
J’ai commencé à écouter du rap en 90 / 91 avec mon grand frère, et le son new yorkais a toujours été ma référence. Ca a commencé avec les  Public Enemy, De La Soul, NWA, Bomb Squad et Prince Paul. Après, quand je me suis vraiment mis au Djing, j’étais plus sur Pete Rock, Primo et Diamond D. Ce sont vraiment ces gars qui m’ont le plus influencé au niveau du grain des sons.

Tu collabores avec énormément d’artistes américains, comment se sont créés les contacts ?
En fait j’ai un pote ,qui est aussi mon manager, et qui a passé pas mal de temps à NY. Dans le cadre de ses études de journalisme, il a interviewé beaucoup de monde et s’est fait de bonnes connections. Au début c’était simplement professionnel, puis il est parti à NY avec des démos de plein de gars de Rennes et de la région, et à l’occasion il faisait écouter les sons. De fil en aiguille il a commencé à placer une ou deux prods et à bosser avec des artistes de là-bas, dont Apani B Fly. C’est vraiment grâce à elle que je me suis fait un réseau sur NY, parce qu’en tant qu’artiste underground, elle a pas mal de connections dans le milieu. C’est elle qui nous a présenté à Spinna, Shabaam Sahdeeq et Beatminerz.

Quelle impression ça fait d’être sollicité pour des projets aux côtés de producteurs comme Jazzy Jeff, 9th Wonder, Dj Spinna ?
C’est complètement taré ! On a rencontré aussi de la même façon Dynas, qui est signé chez BBE et qui est de l’entourage de Spinna. J’ai posé une prod qui sera en bonus track de son prochain disque. Sont présents dans cet album 9th Wonder, Khrysis et Illmind, et honnêtement ce sont mes références du moment. C’est le son qui me met des claques depuis deux ans ! C’est assez bluffant d’être présent sur ces disques là aux côtés de ces gars.

Es-tu déjà allé à New-York?
J’y suis allé deux fois, une première fois l’année dernière après avoir été invité par Apani  à passer quelques jours là-bas. J’ai donc eu la chance de rencontrer Spinna et  Shabaam et 5 Feet de Blackmoon. Ce sont des gens super accessibles. C’est comme si j’étais descendu à Nantes et qu’on m’avait connecté avec des gars du coin ! Vraiment des gars super cool.

As-tu un projet en cours ou à venir ?
Je bosse sur ce qui s’apparente à un pré-album, c'est le résultat de toutes mes collaborations depuis un an et demi, avec toutes les personnes dont on a parlé plus Emilio Rojas, Tiye Phoenix, Access Immortal, des connus et des moins connus. Ce n’était pas vraiment prévu de faire un projet vraiment rap, mais les connections ont fait que, pour marquer le coup je devais sortir au moins une compilation de tous les morceaux qu’on a fait. Ca risque de sortir fin novembre ou début décembre et ca va s’appeler The Goldsmith.

En bon breton, t’es-tu déjà essayé à la production de musique celtique ou introduction de samples?
Franchement j’ai le souvenir de l’avoir fait deux fois (rires). C’était vraiment au tout début, et en plus c’était de trés bons samples, impossible de s’imaginer que c’est de la musique celtique. Je suis comme beaucoup de beat-makers en fait, dans ce que je sample, je cherche le grain et les harmonies avant tout. Peu importe d’où ça vient, que ce soit de la musique celtique, indienne, française ou de la vieille soul, du moment que ça sonne !

Tu vas présenter un dj set à la prochaine soirée Soul Clap, quelles sélections as-tu prévues ? Prévois-tu de jouer tes productions?
Pour la Soul Clap je ne risque pas de jouer mes prods, quoi que… Ca va être plutôt dans le style de ce que j’écoute depuis deux ans, c’est-à-dire des groupes de funk récents qui jouent un peu à la sauce vieux son, du genre de Menahan street band, un groupe de Brooklyn qui a été samplé par Jay-Z sur Rock Boys. Ca correspond à une mouvance qu’il y a au USA : jouer du son vraiment soul funk du début des années 70, enregistré avec des vieilles machines, des vieux instruments et des zicos de compet'. Je joue  régulièrement ce genre de son en warm-up à l’Ubu à Rennes, donc ça tournera autour de ce style pour la Soul Clap.

Tu as sorti un projet en 2004 : “Back to the Break”, peux-tu en parler ?
On avait un crew depuis 5/6 ans, on était six MCs, une dizaine de danseurs et deux DJs, du coup les shows étaient vraiment axés sur la danse et le djing. J’ai commencé à échanger avec eux le coté break, à sortir les originaux, avoir des références pour les battles. Ce projet est sorti pour concrétiser cette période.

Le mot de la fin ?
Méfies-toi de l’eau qui dort ! (rires)


www.myspace.com/dehebmusic









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